The Lamb Is Dying - Fascinante Fascination

The Lamb Is Dying - Fascinante Fascination





[ Voici donc ma seconde histoire sur Twilight
Celle-ci n'a rien à voir avec Eternel-Twilight
Elle reprend tout depuis le début, du point de vue d'Edward, ce n'est pas la vraie histoire c'est une fanfic
les personnages appartiennent à SM. ]



Vampire depuis plus de 107 ans, Edward Cullen reste enfermé et torturé dans son âme. Rien ne peut l'aider, rien ne peut le faire sourire. Il hait le monde qui l'entoure, méprise la bêtise humaine, les pensées malsaines et les réactions qui diffèrent chaque fois un peu plus.
Pourtant, un jour le destin va se tourner précisément vers lui, un moment où il ne s'y attend pas le moins du monde, son instinct va le pousser vers l'inconnu. Un jour enneigé et glissant, Edward perché sur son rocher observe deux voitures qui s'apprêtent à entrer en collision. L'une est un camion dont le conducteur ne fait attention à rien, l'autre est une jeune fille au volant un peu étourdie. Pourtant il sait très bien ce qui va se passer, il sait qui des deux va mourir en dégringolant dans la falaise. Et étrangement, il va être prit d'une irrésistible, et d'une incompréhensible envie de sauver cette inconnue qui déjà fait partie de sa vie.
Mais le seul moyen de la sauver alors qu'elle est mourante, est de la transformer...



+.+*+.+*+..+*+.+

# Posté le jeudi 05 février 2009 17:15

Modifié le vendredi 20 mars 2009 18:30

Chapitre 1 - L'accident

Chapitre 1 - L'accident



POV Edward Cullen




Chapitre 1

L'accident




C'était un de ces jours comme il arrive le plus souvent, enneigé, gris, froid, banal. Rien d'extraordinaire, rien de nouveau, toujours la même et interminable routine de la journée, routine dont les gens ici ne se rendent même pas comte. Il était même devenu ennuyeux d'observer l'ennui, d'enregistrer les mouvements quotidiens des gens, leurs paroles, leurs faits gestes, constater qui ils étaient à entendre ce qu'ils pensaient. Il était en revanche amusant d'écouter et de voir à quel point ils se ressemblaient tous, à quel point aucun d'eux ne méritait une existence correcte sur cette Terre. Pas un ne valait l'autre, tous étaient menteurs, fautifs, hypocrites, c'était si décevant.

C'est pourquoi mes jours préférés étaient ceux où je me détachais de cette population sans c½ur, inintéressante, odieuse, pouvoir m'évader quelques instants, courir, voler, disparaître, chasser, m'installer quelque part et n'observer plus rien si ce n'est le paysage, la nature. Elle au moins n'était pas tromperie. Elle était vraie, et elle ne jugerait jamais personne. La neige l'embellissait, aussi bien que la pluie, mais en mieux. Elle tombait silencieusement sur les arbres, pour se coller aux branches, et peignaient de manière incroyable le vert en blanc, c'était comme de l'art. Mais l'ennui me rongeait quand même quoi que je fasse, où que j'aille. C'était inévitable.

J'avais pourtant opté un pour lieu différent cette fois. Moi qui connaissais déjà tout par c½ur et c'était peu de le dire, j'avais finalement décidé de dépasser la forêt, grimper un peu plus haut et longer les montagnes enneigées. L'une d'elle qui piquait du nez dans le ciel avait pour unique route une sorte de bord de falaise glissante telle une patinoire, rares étaient les voitures qui osaient passer par là. Les forêts et les sapins s'accrochaient au bord du vide comme s'ils y avaient été posés pour l'éternité, comme moi, quel triste avenir. Si pour moi cet endroit n'avait pas grand intérêt si ce n'est peut-être croiser un animal, la vue était surprenante. On voyait clairement toute la ville de Forks, sa verdure, sa neige, ses nuages et même le bord de mer plus loin. Enfin ça, moi seul pouvais le remarquer de là où j'étais.
Je devais bien admettre que malgré la tristesse de cette ville minuscule et peu peuplée, la beauté était apaisante. C'était comme de s'asseoir face à un tableau pendant des heures, et observer les différentes couleurs, les formes et les détails jusqu'à ce qu'on ait tout vu. Mais on remarque toujours quelque chose de nouveau.

Je m'installai alors sur le rocher le plus haut, et le plus caché par les arbres, accroupi et aux aguets. Je fermai les yeux quelques instants, m'enivrant de plusieurs odeurs en même temps, découvrant différentes espèces plus ou moins autour de moi, des lapins, des oiseaux, des écureuils frileux et même le bruit des pas des insectes sur la terre. Rien qui ne puisse vraiment m'aider. Je me concentrai d'avantage, inspirant à pleins poumon. C'était quand même l'endroit idéal pour un animal, il devait forcément y avoir quelque chose de plus gros à attaquer, et aujourd'hui j'étais d'humeur à courir. Même s'il fallait le poursuivre, j'étais près à y aller. Puis, ce que j'attendais vint à mes oreilles et à mes narines aussi vite que l'éclair. J'entendis d'abord des bruits de pas qui marchaient tranquillement dans la terre boueuse et glacée. L'animal en question devait chercher de l'herbe à manger, tranquillement ne se souciant guère du froid et de la neige insolente. Je devinai facilement, à l'odeur de son sang chaud que c'était une biche, avec un peu de chance un mâle, fort et musclé. De quoi peut-être me rassasier.
Alors j'ouvris les yeux, droit devant moi, balayant les arbres et les fougères du regard, cherchant avidement le petit animal qui osait se présenter.

Il était juste là, une trentaine de mètres plus loin juste devant moi, entrain de brouter comme je l'avais entendu, marchant doucement, cherchant les meilleures feuilles à avaler, le meilleur emplacement pour ses pattes fines et douloureuses. Il n'était pas loin de la route qui longeait la falaise, ce qui m'étonna, car les cerfs et les biches en général, restaient éloignés, craignant le bruit des voitures. Mais la route était déserte, la plupart du temps, ce qui ne devait pas être étonnant. Le sang sui battait dans son corps fit tendre automatiquement mes muscles, mes bras se raidirent sur l'emprise du rocher, la soif me brûla la gorge intensément et douloureusement. Mes pupilles se dilatèrent précisément sur l'animal, et je distinguai alors les moindres détails qui s'offraient à moi. Je pouvais bondir tout de suite mais ce serait trop facile, de plus, si une voiture passait, elle risquerait de me voir, je devais donc penser comme toujours à agir intelligemment, réfléchir avant de laisser ma soif prendre le dessus sur l'esprit. Je sauterai du rocher avant de disparaître silencieusement dans le premier arbre devant moi, la biche ne m'entendrait même pas, alors je pourrais continuer jusqu'au second et ainsi de suite. A dix mètres d'elle, elle entendrait quelque chose, un souffle, un bruit, un craquement ce qui l'alerterait, alors je devrais agir rapidement pour ne pas qu'elle s'échappe, traverser en courant les fougères, alors elle se mettrait à courir aussi vite que possible ne sachant même pas dans quelle direction partir, à droite ou à gauche, elle choisirait de faire des vagues entre les arbres fuyant un danger qu'elle ne voit pas, la plaçant automatiquement au rang de victime. L'atteindre serait rapide, simple, en quelques secondes à peine, je l'aurai à ma disposition, je n'aurai plus qu'à lui sauter dessus, et enfoncer mes dents dans sa chair, là où le sang affolé par la peur battrait son pleins.

Vraiment facile. Toute cette imagination, cette prévenance que je connaissais désormais par c½ur, et qui se déroulait toujours comme prévu m'ennuyait terriblement, mais je n'avais rien d'autre à me mettre sous la dent. Et je commençais sérieusement à avoir soif. Dommage pour moi, les ours ne sortaient pas quand il neigeait. Tant pis, je me contenterai de peu.
J'étais à deux doigts de passer à l'action quand un bourdonnement désagréable vint s'en prendre à mon oreille, la droite plus particulièrement. J'aurai pu l'ignorer, me concentrer sur ma soif et sur la biche qui n'attendait que moi, mais le bourdonnement se faisait de plus en plus fort. En tournant la tête, cherchant d'où cela provenait, j'entendis au fur et à mesure que ce n'était autre qu'un son, une musique, quelque chose de fort. La musique arrivait de plus en plus vite, de plus en plus fort, à croire qu'elle dégringolait la falaise et la montagne. Encore un conducteur qui avait préféré mettre le son de sa radio à fond. C'était quelque chose que je ne saisissais pas, surtout quand ce n'était même pas de la bonne musique.

Alors ce conducteur inconscient était entrain de tout gâcher, non seulement je ne pouvais pas agir car il me verrait à coup sûr, mais en plus il ferait fuir la bête avec le vacarme qu'il produisait. Le moteur de son camion était encore plus dérangeant. C'était à se demander ce qui était le plus bruyant, le moteur, ou la musique. Ou peut-être lui qui chantait.
Et faux en plus.

Un autre bourdonnement désagréable vint titiller mon ouïe, mais ce qui m'interpella et que cette fois-ci ça venait du coté gauche de la route. Ce n'était pas le son d'une musique, loin de là, c'était l'horriblement grondement que produisait un moteur probablement vieux de plusieurs siècles, si c'était possible. Au son que produisait le véhicule, je me demandais dans quel était il était, et comment il faisait pour encore rouler.
Les deux véhicules opposés à eux deux étaient maintenant un véritable concert de catastrophe, un son impardonnable, horrible à écouter.

Puis je vis le véhicule à la musique ultra forte déboucher sur la gauche comme je l'entendais, dépassant les premiers arbres. C'était un gros camion ce que j'avais aussi deviné, qui transportait une charge impressionnante de tronc d'arbres à l'arrière. Le conducteur avait l'air aussi déluré que son engin et sa musique, bedonnant, fumant à peine la fenêtre ouverte, sa cabine complètement empestée de fumée, une sorte de barbe mal coupée et des yeux rétrécis par le peu de clarté devant lui. La fumée et la neige n'arrangeaient rien c'était certain. Chaque fois que le refrain de sa musique se mettait en marche, il hurlait en secouant la tête comme pour suivre le rythme, sauf qu'il n'y avait aucun rapport. L'autre bourdonnement sur la gauche s'accentua aussi, et lorsque je tournai de nouveau la tête, je vis le deuxième véhicule pointer le bout de son nez.
Comme le laissait entendre le son du pauvre moteur déjà à moitié mort, c'était une espèce de Chevrolet rouge et rouillée de partout. A croire qu'elle avait fait le tour du monde. Elle ne tiendrait pas plus longtemps que quelques mois sûrement, peut-être un an avec de la chance. La conductrice était jeune, très jeune, avait ses mains disposés de part et d'autre du volant avec les doigts incroyablement crispés, comme si elle avait peur que son volant ne s'échappe. Peut-être pas le volant, mais le véhicule tout court, car la route était sinueuse et glissante à cause de la neige, et cette fille, à voir en juger les coups d'½il furtifs qu'elle jetait à coté d'elle, avait le vertige. Elle ne roulait pas vite au moins, sûrement préférant éviter de se mettre en danger de manière stupide. Ses yeux étaient presque figés de peur, et elle se mordait la lèvre avec force.

Le temps que je ne saisisse vraiment ce qui était entrain de se passer sous mes yeux, il était déjà trop tard.

Les deux véhicules arrivaient l'un sur l'autre, et personne n'y voyait rien, à part moi. Le conducteur à moitié ivre ne faisait même pas attention à la route, et la jeune conductrice regardait trop son volant. Je savais pertinemment ce qui allait se passer, je savais pertinemment comment ca finirait, qui des deux allait prendre le plus cher. De là où j'étais je pouvais déjà voir la trajectoire de deux fusées arriver l'une sur l'autre.

Le gros camion arriverait le premier sur la Chevrolet déjà fragile, il tenterait de freiner ce qui ramènerait l'arrière à glisser avec force et à le pousser d'avantage sur la route et à bloquer tout passage, la jeune fille en voulant l'éviter, freinerait, ferait un dérapage incontrôlé et rentrerait une première fois en pleins sur le camion, les troncs tomberaient un peu partout, cassant à tout va, et la glissade continuerait pour les deux. Si le choc ne les tuaient pas, la Chevrolet glisserait jusqu'à la falaise, et dégringolerait.
Lorsque la biche, alertée par le bruit qui arrivait bondit et se mit à courir, je sautai moi-même de mon rocher tel une fusée. Je n'avais que quelques secondes à peine pour agir, mais agir et faire quoi ? Je l'ignorais, je ne savais même pas pourquoi je fonçais déjà à travers les arbres alors que je savais très bien que je n'aurais aucune chose de les sauver, ça irait trop vite, trop violemment et à moi tout seul je ne pouvais rien faire. Mais mon corps n'obéissait pas à mon esprit, et continuait de courir le plus vite possible.

Encore à une centaine de mètres de la route, j'entendis les premiers crissements de pneus, et je priai au fond de moi pour arriver plus vite. Enfin arrivé sur le bord, je me jetai entre les deux véhicules, voyant juste à temps le visage du conducteur affolé qui avait en ouvrant la bouche avec peur, laissé tomber sa cigarette, il donnait des coups de volants à tout va, et la pauvre fille en face n'avait eut que seulement trois secondes pour crier, un pauvre cri à peine inaudible. Comme je l'avais deviné, sa Chevrolet glissa, et tourna, alors à un mètre du camion je tendis de toutes mes forces une main espérant la retenir avant que le choc ne se fasse. Mais le camion était trop gros, trop lourd, et il glissait encore, m'entraînant moi aussi vers la falaise. La Chevrolet arriva en un éclair, et j'eus juste de quoi la retenir pour l'empêcher de filer droit vers le vide, mais je n'eus pas le loisir de faire plus, car un grondement signala que les troncs du camion tombaient déjà, le conducteur venait de se cogner violemment la tête contre le par brise, et l'odeur de son sang brûlait déjà ma gorge. Il ne survivrait pas plus longtemps, au son qu'avait produit le choc sur son crâne. Quant à la camionnette rouge, à force de freiner et de glisser, fit alors un tonneau, puis deux, puis trois, si aucun son ne pouvait sortir de ma gorge enflammée, la peur me paralysait. Je sautai alors dessus avec plus de force arrêtant alors le véhicule dans sa course interminable. La camionnette était presque en miette, cabossée de partout, et maintenant à l'envers sur la route. L'autre camion s'était renversé sur le coté également et plusieurs odeurs vinrent me torturer en même temps.
Le sang du conducteur déjà mort, le sang de la jeune fille et l'odeur de l'essence qui coulait de tous les cotés, ainsi que celle de la cigarette égarée, mais encore allumée.
Je croyais que ça s'était arrêté, mais ça empirait, à croire que je n'avais rien arrangé du tout.

Le sang de la jeune fille me figea avec douleur, comme si je venais de me prendre une claque, quelque chose de violent s'en prit autant à ma gorge qu'à mon esprit, me rappelant avec peine la soif que j'avais en n'ayant pas chassé. C'était une odeur comme je n'avais jamais sentie, inexistante, incroyable, et incroyablement enivrante.

Une telle chose ne devrait même pas exister !

Alors je me précipitai vers la Chevrolet avant que l'autre camion ne prenne feu, je n'avais que quelques minutes à peine pour continuer d'agir. Une main ensanglantée dépassait de la fenêtre retournée. Je savais qu'un choix s'imposait à moi, et que ce n'était pas le moment de flancher. Je devais me concentrer, la sortir de là avant qu'il ne soit trop tard, mais elle était à disposition ouverte de partout, mourante. Je pouvais les prendre tous les deux s'ils étaient déjà morts après tout, quelle différence cela ferait-il ?
Et ensuite, des années entières de remords de mon manque de courage...

Alors je pris une seule profonde inspiration, la bloquai et m'approchai encore. Je me baissai, distinguai à peine son corps, ni même sa tête, mais entendais quand même son c½ur battre. Une brève bouffée de chaleur empli mon c½ur d'espoir sans que je ne sache pourquoi. Malgré les débris de verres, le sang et l'essence, je me hissai vers elle pour la tirer de la haut sans la brusquer. Heureusement, elle n'était pas coincée, et il me fut facile de la retirer de la cabine du conducteur. Elle était inconsciente, respirait si faiblement que ça me faisait mal. Je ne voulais pas qu'elle meurt. Pas elle.
Pourquoi ?

Je l'ignorais.

Peut-être parce que j'aurai fait quelque chose pour rien, essayé d'empêcher quelque chose pour rien. Elle était encore en vie, alors il y avait une once d'espoir.
Ses cheveux bruns étaient mouillés de sang, son visage couvert déjà de bleus naissant, son visage pourtant si beau, si apaisant. J'ignorais si c'était son inconsciente ou sa mort prochaine, mais je n'entendais rien en elle. Pas un rêve, pas une pensée, rien. Le néant. A croire que son cerveau était déjà vide de vie.
Son c½ur donnait des petits soubresauts par moment avant de ralentir de nouveau. Il ne tiendrait pas longtemps. Dix minutes au plus. Je cherchai alors un moyen de la sauver, mais c'était à croire que le destin de cette pauvre fille était de mourir. Si je n'avais pas agi, elle aurait dégringolé la falaise, si je la laissais là à attendre que les secours arrivent, il serait trop tard, ils ne seraient là que dans vingt minutes. Si je laissais là aussi, la cigarette rencontrerait l'essence du camion et il prendrait feu, provoquant une imposante explosion. Oui, son destin était de mourir.

C'était trop injuste. Pourquoi elle ? Elle avait l'air gentille, elle ne méritait en rien de mourir aussi atrocement et moi je me maudissais de ne rien connaître de la médecine de mon père.

Cinq minutes.

Son c½ur me montrait clairement qu'il était trop fatigué pour continuer de battre, il était fragile, presque déjà mort, c'était bientôt la fin, et alors elle ne sentirait plus aucune souffrance, plus jamais. Elle qui devait avoir à peine dix-sept ans.

Une autre idée s'imposa à moi contre mon gré. Elle pouvait revivre, je pouvais la faire revivre... mais était-ce une bonne chose à faire ? Etait-ce réellement ça son destin ?

Et pourquoi moi, je risquais de la tuer moi aussi, son sang me brûlait encore la gorge et ma soif me faisait de plus en plus mal... je pourrais juste me contenter d'abréger ses souffrances...

Oui juste ça, et on parlerait plus. De toute façon elle devait mourir, autant que j'en profite...

Alors doucement, je penchai mon visage vers son cou...






.+*+.+*+.

voilàààà pour le premier chapitre !!! alooors vos impressions ?? Allez y balancez moi vos 100 com'z :D

# Posté le samedi 28 février 2009 13:19

chapitre 2 - Survie

chapitre 2 - Survie




Youhou, merci pour tous ces com's 109 woaaa !!! :D
trop flattée !
J'espère vraiment que cette histoire va vous plaire !!!




Chapitre 2

Survie




Mes lèvres s'enflammèrent au contact de sa peau et de son sang. Je fermai les yeux et mon choix prit une autre tournure. Sans que je ne sache vraiment pourquoi, ni comment alors que son c½ur semblait donner ses derniers battements, mes dents s'enfoncèrent à travers sa peau fine. Je refusai catégoriquement de boire une seule goutte de son sang, si j'étais incapable de comprendre pourquoi, je devais le faire. Au lieu de quoi, je laissai tout me venin se rependre en elle, je savais que ce que je faisais était mal, je n'étais même pas sûr d'y arriver tant elle était mourante, je ne savais ce que penserait Carlisle et les autres, si Alice avait vu ça, je ne savais pas comment cela finirait. Ca m'était égal. Je ne voulais pas la perdre. Je refusais de la perdre.

Quel étrange sentiment, je ne le connaissais pas, mais il était là.
Le temps m'était comté, et je devais tout de même agir correctement. C'était bien la première fois que je faisais une telle chose, alors je me fiai à mon instinct, et Dieu seul savait s'il était bon.

Les secondes semblèrent de plus en plus longues tandis que son c½ur commençait à battre de plus en plus irrégulièrement. Alors avec une force que je ne connaissais pas, je m'arrêtai, inspirai à fond, et m'éloignai d'elle, le goût de sang encore dans ma bouche alors que j'y avais à peine goûté. Je m'efforçai d'en ignorer le goût.
Mais son visage était aussi fermé que son esprit. Je n'entendais toujours rien, cela me paraissait impossible pourtant. Même un esprit endormi, ou dans le coma faisait défiler des images. Je ne savais même pas si elle souffrait, mais elle souffrirait c'était évident, à cause de moi, elle souffrirait d'avantage.

Puis, je vis ses sourcils bouger, se froncer, comme si elle se concentrait. Ses mains bougeaient légèrement également, mais c'était si peu qu'il fallait vraiment se concentrer pour le voir, difficile pour les yeux d'un humain. Les secours seraient bientôt là, d'ici quelques minutes. Ils comprendraient qu'elle était toujours en vie, ne verrait qu'une simple blessure ressemblant à une morsure sur elle, croirait à l'attaque d'un animal. Ils l'emmèneraient ensuite à l'hôpital, ne voyant en elle qu'un coma, alors mon père s'en chargerait, sachant quoi faire exactement, et elle finirait par se réveiller trois jours plus tard... déboussolée.
Les remords commençaient à me ronger à présent, oui elle souffrirait toute la peine et toute la douleur du monde, et je me haïssais déjà de lui avoir infligé ça alors qu'elle aurait pu partir en paix. Une part de moi-même, horriblement égoïste, ne voulait pas la laisser partir si vite.
J'entendis enfin les sirènes au loin, je la regardai une dernière fois, m'assurant qu'elle était toujours là, et qu'elle n'oserait pas s'en aller dans mon dos, aller vers un autre monde alors que je voulais la sauver. D'une bout de mes doigts que me risquai à caresser l'arrête de sa mâchoire à présent brûlante de fièvre. Je désirais tant faire plus, l'aider, la prendre dans mes bras, retirer tout ce sang sur ces blessures et la consoler, lui murmurer que ce serait bientôt finit, mais je ne pouvais pas. Je devais m'arrêter là. Son sang m'attirait atrocement, mais ce n'était pas aussi douloureux que de la voir ainsi.
Lorsque les sirènes furent assez proches, je m'éclipsai dans les hauteurs d'un arbre, assez haut pour qu'on ne me remarque pas, assez près pour que je puisse garder un ½il sur elle.
Je voulais hurler, leur crier d'aller plus vite, de l'emmener au plus vite à l'hôpital, mais mes mains se serrèrent en un poing, je dû me retenir.

Deux ambulances arrivèrent à mon plus grand soulagement, et une voiture de pompier. Les trois véhicules s'arrêtèrent et un affolement d'hommes en uniformes descendirent des camions. Les premiers se précipitèrent sur le camion renversé sur la route, découvrant ainsi le conducteur mort, les autres coururent jusqu'à la Chevrolet renversée et découvrir aussitôt le corps de la jeune fille inanimé.

Je voulais tellement les guider, leur dire d'aller plus vite, c'était si frustrant, une torture que je n'arrivais vraiment pas à supporter. La lenteur des humains. Leur capacité à comprendre rapidement.
L'un des ambulanciers passa sa main sur le cou de la jeune fille, constata que son c½ur battait encore, et appela du renfort. Le deuxième qui arriva vers elle, blêmit en la voyant et se jeta sur elle, glissant une main sous sa tête avec précaution.
- Nom d'un chien, souffla t-il déchiré, c'est la fille du chef de police !

Je me redressai sur ma branche, tendant l'oreille d'avantage, comme si je venais de me prendre un coup de décharge électrique.
- Qui ? Demanda l'infirmier en ouvrant sa boîte de secours.
- Le chef Swan, c'est sa fille, Bella.

- Merde...

Tous deux s'agitèrent plus rapidement, sortant différents outils, prenant son pouls, installant une minerve autour de son cou et préparant un brancard.

Ainsi c'était la fille du chef de police Charlie Swan... j'ignorais qu'il avait une fille, j'avais toujours cru qu'il était seul depuis toujours. C'était étonnant elle ne lui ressemblait pas tant que ça, mais maintenant que je le savais, c'était une raison de plus pour la protéger. J'avais beaucoup d'affection à son égard, si c'était son unique fille, il devait beaucoup l'aimer. Mon Dieu lorsqu'il l'apprendrait...

Le brancardier arriva à toute vitesse et les deux autres installèrent avec précaution Bella dessus, toujours inconsciente. Je n'espérais qu'une chose, c'était qu'ils l'amènent à l'hôpital, la menant à mon père.

L'ambulance partit aussitôt dans un hurlement de sirènes tandis que les autres restaient pour appeler du renfort afin de dégager les deux véhicules dans un piteux état, ainsi que le cadavre qui restait à l'intérieur de la cabine.
Alors je mis à courir derrière l'ambulance mais à travers la forêt pour ne pas me faire repérer. Bien entendu, j'arrivai avant eux à l'hôpital, la neige ne me gênant pas le moins du monde.

Sans attendre, je me précipitai à l'étage où mon père se trouvait, m'arrangeant pour ne pas courir avec ma vraie nature devant les gens qui étaient entrain d'airer dans les couloirs comme des fantômes drogués. Comme s'il m'avait entendu à des kilomètres, Carlisle m'attendait déjà à l'entrée de son bureau, alerté, paniqué. Je voyais clairement dans ses yeux la peur et l'affolement mais qu'il cachait devant les autres. Finalement, je venais peut-être de commettre une erreur.
- Alice m'a appelé, dit-il, elle t'a vu...

- C'est vrai, le coupai-je en arrivant à sa hauteur. Les deux voitures se sont percutés, elle serait morte... je... je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, mais... c'est la fille du chef de police.
- Charlie ? S'étonna t-il.

- Apparemment, j'ai entendu ça.

Carlisle soupira en secouant la tête et se pinça l'arrête du nez un moment, réfléchissant. Dehors la sirène de l'ambulance retentit.

- On en reparlera plus tard, dit-il.

Puis, il s'avança vers les portes qui s'ouvrirent avec violence, laissant passer le brancard et la pauvre jeune fille toujours ensanglantée. La voir à nouveau ainsi, me tordit le c½ur ave souffrance. Pourquoi un tel sentiment ? Était-ce seulement possible que je ressente une telle chose alors que je ne la connaissais pas ?

Carlisle, même s'il savait déjà ce qui s'était passé à travers la vision d'Alice, se dirigea vers les deux médecins et leur demanda des nouvelles explications.

- Accident de voiture au bord de la falaise, annonça le plus jeune, jeune fille de dix sept ans, Bella Swan, blessures profondes et graves, son c½ur bat irrégulièrement, elle est inconsciente et...

- Je m'en occupe, fit Carlisle en prenant le relai. D'autres blessés ?

- Non, l'autre conducteur est mort.
- Merci. Chargez-vous de prévenir le chef de police.
Les deux infirmiers s'exécutèrent rapidement, tandis que mon père emmenait déjà Bella dans une salle de réanimation. Une fois à l'intérieur, je le suivis, et fermai à clé derrière nous.
- Elle est dans un sale état, constata t-il en allumant la lumière au dessus de son visage.

Au lieu de quoi, je me raidis et reculai jusqu'à la porte, le plus loin possible d'elle. Je désirais l'aider, faire quelque chose mais je savais que c'était trop, son sang affluait trop ma soif, ce serait prendre d'avantage de risques et elle ne le méritait pas.

- Tu as vraiment vu l'accident ? Me demanda t-il.
Il sortit des compresses propres et alcoolisées avant de tapoter son front et ses joues afin de nettoyer les plaies. D'ici quelques temps, elles n'existeraient plus.
- Oui, répondis-je en bloquant ma respiration. Le camion a foncé sur elle, ils ont glissés tous les deux, elle allait droit sur la falaise alors j'ai voulu l'en empêcher. Mais la voiture en freinant rapidement, à fait plusieurs tonneaux.
Avec calme, il jeta les premières lingettes pleines de sang, et en sortit des nouvelles.

- Est-ce qu'elle était... encore en vie ?

- Oui, murmurai-je. Mais c'était la fin, j'ai entendu son c½ur.
- Il bat quand même très mal.

- Ce doit être normal maintenant, lui rappelai-je.
Carlisle arrêta un moment son geste, voulut me dire quelque chose, mais se ravisa. Il devait savoir qu'il avait très peu de temps devant lui avant que le chef de police ne débarque ici. Il me sermonnerait plus tard.
- Comment n'a-t-elle pas été tuée sous le choc, constata t-il avec frayeur. En général les gens ne survivent pas à un tel accident, aussi violent.
- Je me le suis demandé.
À nouveau, il jeta les lingettes rouges, et sortit d'autres compresses. Son visage était de plus en plus net, mais toujours blessé, les bleus affluaient de plus en plus nombreux.
- Est-ce que... j'ai réussi ? Me risquai-je à demander.
Carlisle l'étudia longuement, puis fit un signe de tête approbateur.

- Oui. Ce n'est qu'une question de temps.
Ses pensées étaient fixées sur elle et uniquement elle. Je l'admirais pour être aussi calme et aussi courageux, pouvoir respirer l'odeur du sang humain à longueur de journée sans ressentir la moindre faiblesse. Rester calme en de telles circonstances, il pouvait penser à tout, à la réaction des autres, à la vision d'Alice, à ce que j'avais fait, mais il était concentré sur elle, et rien qu'elle. Il voulait la soigner, la sauver, autant que moi.
- Edward tu devrais t'en aller maintenant, me suggéra t-il.
- Pourquoi ?

- Je m'occupe d'elle, et rester ne fait que te torturer.

Il se tourna vers moi.

« Tu en as fait assez pour aujourd'hui, maintenant rentre. Je te tiendrai au courant »

- Je veux rester, lui dis-je.

- Non. Son père va arriver, vas t-en. Je t'appellerai dès qu'il y aura du nouveau. Vas rassurer les autres.

Je jetai alors un dernier regard sur Bella, je désirais m'approcher, caresser sa joue et lui murmurer que tout va bien, mais encore une fois, faible, je me retins. Lorsque je me retournai sur la porte, Carlisle m'interpella.

- Edward, fais attention à ce que tu vas leur dire.
Sans rien ajouter, je m'en allai. Mais sur mon chemin j'entendais une voix familière qui était dans la salle d'à coté. Une voix étranglée, déchirée par le chagrin, une voix mélangée à de fortes pensées. Alors m'arrêtant devant la porte, je tendis l'oreille une dernière fois.
- Elle est encore en vie, assura un médecin, je n'ai pas d'autres nouvelles pour l'instant, le docteur Carlisle s'en occupe.

« J'espère qu'il va la sauver cette gamine, elle ne mérite vraiment pas ça »

- Mais... bafouilla l'autre voix, mais comment est-ce possible ? Comment c'est arrivé ?

« On va éviter les détails, il est déjà accablé le pauvre »

- Et bien... nous ne sommes pas très sûrs, nous pensons qu'elle est rentrée en collision avec un autre camion, à cause de la neige et du verglas. Les deux véhicules ont dérapés.
« Bella... ma petite fille... mon Dieu. »

- Je peux aller la voir ?
- Pas tout de suite, le docteur viendra vous chercher. Restez ici, prenez un verre d'eau...

« Il est tout blanc, je crois qu'il va pas tenir le coup »

- D'accord.

« Bella...Bella... »

- Voulez-vous que je vous envoie quelqu'un ?
- Non

Puis le médecin s'en alla, et moi aussi.
J'allais devoir rentrer chez moi, laisser cette pauvre fille sans même pouvoir l'aider, et affronter le reste de ma famille, faire face à leur réaction. Ce n'est pas grave, j'assumais pleinement, s'il fallait que j'en paye le prix, et que je parte, alors je m'en irai, pour le bien de tous. J'étais prêt.

# Posté le mardi 03 mars 2009 12:04

chapitre 3 - Confrontations

chapitre 3 - Confrontations



Chapitre 3

Confrontations





La présence d'Alice à ce moment là me réconforta dès le début. Pourtant je savais qu'elle avait vu les choses arriver, elle avait prévenu Carlisle et les autres c'était inévitable. Mais je savais qu'elle ne serait jamais contre moi, elle me soutiendrait quoi qu'il arrive.
J'avais commis une erreur, mais une erreur dont j'étais fier et pour une fois je ne la regrettais pas. Non, aucunement je ne regrettais d'avoir sauvé cette fille, même au prix de l'avoir transformé. Grâce à moi, Charlie Swan souffrirait moins de son absence.

Comme je l'avais entendu et deviné, Rosalie me foudroya à mon arrivée, par un flot de jurons et de reproches à damner plus d'un saint. Je la laissai dire, hurler et se défouler sur moi comme si je n'étais qu'un enfant qui se faisait gronder, ce qui n'était peut-être pas faux, et puis je le méritais. J'étais précisément conscient de mes actes, et du danger que cela prenait pour nous et notre famille. Mais tant pis, s'il fallait que je parte, je partirais.

Esmée lui ordonna de se calmer tout de suite et de s'en aller. Son calme et son assurance m'apaisèrent également, elle qui m'avait toujours soutenu depuis si longtemps. Mais je lisais clairement dans son esprit, même si elle était contre Rosalie à ce moment précis, qu'elle avait peur, peur de ce que j'avais fait, peur de ce qui se passerait.

Au bout d'une demi-heure, où tout le monde me criait dessus à droite et à gauche, je finis par me retrouver dans le calme, debout dans le salon, les bras croisés contre moi, figé. Il ne restait plus qu'Esmée et Alice et Jasper, mais celui-ci ne tarda pas à s'en aller afin de calmer quelque peu ma s½ur.

Il se mit à pleuvoir. J'aurai préféré de la neige, comme ce matin.

Mon corps se vidait, je le sentais, j'aurai dû chasser tout à l'heure, ce que je n'avais pas fait, mais je n'avais pas eus non plus la force et le courage d'y retourner, mon esprit étant beaucoup trop occupé à penser à autre chose de plus primordial.

- Carlisle est resté auprès d'elle ? Demanda gentiment Alice pour rompre ce silence.

Je me contentai d'hocher la tête en guise de oui. J'étais trop « fatigué » pour parler, pour m'expliquer, je ne savais même pas par où commencer, et puis en même temps je n'avais aucune explication rationnelle qui pouvait approuver mon geste. Je ne savais pas moi-même pourquoi j'avais fait ça.
Esmée finit par soupirer et s'approcher de moi, doucement, elle posa sa main réconfortante et maternelle sur mon épaule, pour me soutenir. C'était sa manière à elle de me l'exprimer.

Même deux étages au dessus, j'entendais encore Rosalie s'engueuler outrageusement avec Emmett à mon sujet. Elle en faisait presque trembler les murs.

- Tu vas essayer de la revoir ? Demanda ma mère doucement.
La revoir, je l'ignorais. J'en mourais d'envie, c'était devenu vital, mais c'était toujours inexplicable pour moi. D'un autre coté, je persistais à penser que j'en avais trop fait, trop de bêtise pour aujourd'hui, à présent je devais m'éloigner. Si je ne voulais pas la tuer d'avantage.

- Je l'ignore, répondis-je.
- Edward j'ai vu... murmura Alice.

Mais elle s'arrêta lorsque je levai la main afin qu'elle se taise. Je ne voulais pas savoir ce qu'elle avait vu en mon absence, je ne voulais même pas faire l'effort d'écouter ses pensées. Je ne voulais rien savoir.
Mais c'était comme de ne pas écouter une musique dont le volume est à fond à coté de votre oreille.

« Elle ira bien, vous allez vous retrouvez, tu lui expliqueras même certaines choses... mais elle ira bien, elle sera très forte »

- Non... murmurai-je en secouant la tête.
« Tu l'as sauvé Edward, si tu ne l'avais pas fait... Charlie... Charlie se serait... »

- Arrête ! Criai-je.
Et je regrettai mes mots.
Ce que je pouvais me détester parfois, je détestais tout de moi, je n'étais pas fichu d'agir correctement ne serait-ce qu'une seule fois dans ma vie. Je n'étais même pas capable d'être gentil et bon envers les autres, c'était détestable, j'étais détestable.
Au final, Esmée m'embrassa et s'en alla, sachant très bien que je ne bougerais pas et que je n'en dirais pas plus. Elle me connaissait assez pour savoir et comprendre comment j'étais lorsque j'étais dans un état pareil, et il n'y avait rien d'autre que la solitude pour m'aider.

Une heure plus tard, le téléphone d'Alice sonna, j'entendis parfaitement ce qui se disait, c'était Carlisle. Sans le vouloir, mes muscles se contractèrent, et je m'efforçai de rester figé sur la fenêtre, à regarder le paysage, mais je ne pouvais ignorer la conversation maintenant que j'étais trop impliqué. Alice n'eut pas besoin de me répéter ce qu'il voulait, vu que j'avais entendu. Il y avait du nouveau sur Bella, et il voulait que je me rende à l'hôpital dès maintenant.

Sans mot dire, je déguerpis aussi vite que possible.

J'arrivai rapidement à l'hôpital, heureusement c'était l'heure de la fermeture des visites, les patients retournaient dans leurs chambres, les gens s'en allaient, et tout redevenait silencieux. Ou presque, parce que moi j'entendais encore une fourmilière bruyante à mes oreilles.
Carlisle m'invita encore une fois à son bureau, afin que l'on soit tranquilles, j'aurai aimé d'abord passer voir Bella, mais je dus arrêter d'y penser.

- Rosalie l'a très mal pris je crois, me dit-il avec un sourire.

Son calme et sa bonne humeur m'étonnèrent.

- Oui, répondis-je, comme toujours lorsque je fais quelque chose qui va contre sa volonté.
Il s'installa dans son fauteuil et sortit un dossier de son tiroir, après quoi il le feuilleta un petit moment, tandis que moi je bouillais d'impatience au fond de moi. Mais ça je ne le montrais pas.

- Charlie est allé la voir, me dit-il sans relever les yeux, il était bouleversé naturellement. Son unique petite fille qui à eut un grave accident de voiture. Je lui aie expliqué à peu près ce qui s'est passé, mais qu'elle à eut beaucoup de chance, sa tête s'est cogné, assez fort pour qu'elle soit encore dans le coma, ce qui tu le sais, ne durera que trois jours... aujourd'hui encore elle à toujours ses blessures, mais elles vont partir très rapidement, j'ai donc expliqué à son père qu'elle guérira vite avec nos soins les meilleurs.

Je me raidis un peu sur ma chaise, imaginant encore l'image que j'avais gardée d'elle alors qu'elle était pleine de sang sous la voiture.
- Je ne sais pas comment elle va réagir à son réveil, poursuivit-il un peu absent, je continue à espérer que tout se passera bien. Mais je crains que ce ne soit plus grave, si aux yeux de son père elle est toujours vivante, il sera en danger à ses cotés surtout si elle éprouve de la soif d'un nouveau né. Cela dit, maintenant c'est trop tard pour lui enlever, Alice à bien vu comment il réagirait s'il la perdait. Jamais je ne laisserais une telle chose se produire, c'est un très bon ami, et il ne mérite pas ça.

- J'en suis conscient, grondai-je.

- Je me suis dit... Tu es bien plus proche d'elle que nous tous, alors tu vas veiller sur elle, jusqu'à son réveil, et à son réveil tu seras là, peu importe sa réaction, empêche la de mal agir. Il faut la garder à l'hôpital, sinon elle sera dangereuse. Charlie devra croire qu'elle est toujours dans le coma et surtout fragile, donc il ne pourra aller la voir. On verra comment les choses vont se passer, on s'adaptera quoi qu'il arrive, mais pour l'instant on va s'en tenir à ce plan.
Je fis un signe de tête, pour lui confirmer que j'avais bien compris. Et alors que je me levais déjà pour aller la rejoindre, il s'approcha de moi en posant une main sur mon épaule.

- Pour ma part, dit-il, et peu importe ce que pensent les autres, tu es mon fils. Mon devoir est de te protéger et de te soutenir. C'est très dangereux ce que tu as fait, mais... si ça avait été moi... je n'aurai pas hésité une seule seconde.

- Merci Carlisle, murmurai-je.

Je lui offris un bref sourire, incapable de faire ou de réagir autrement, et je me dirigeai vers la chambre de la jeune fille. Lorsque j'entrai, je fus de nouveau bouleversé par l'odeur de son sang qui me brûlait la gorge, même s'il se refroidissait, une telle odeur ne pouvait s'en aller aussi facilement. Je n'osai pas tout de suite de m'approcher d'elle, je restai un moment contre la porte fermée, testant mes propres capacités à supporter cela.
Dehors, on entendait distinctement la pluie tomber sur les carreaux de la fenêtre, c'était apaisant. Puis, je m'approchai doucement d'elle, sans un bruit, tel un fantôme. J'avais la terrible impression d'être un rodeur, qui cherche sa proie. Son visage dormait, semblait paisible, mais ce que les autres ignoraient, c'est qu'elle endurait à ce moment même, toute la souffrance du monde dans son corps, et qu'elle ne pouvait rien faire si ce n'est penser à mourir. Elle n'entendait rien, et pourtant j'avais envie de murmurer son prénom.
Je m'assis sur le siège à coté d'elle, prenant de plus en plus conscience de ce que j'avais fait. Mais je ne regrettais toujours pas. J'étais juste perdu.
Son visage était encore couvert de blessures, mais elles s'estompaient déjà, les bleus devenaient jaunes, son c½ur battait toujours aussi irrégulièrement. Ce serait très vite finit.
Mais Dieu seul savait, comment cela finirait, comment cela se passerait à son réveil. Je refusais d'y penser pour l'instant, je refusais de me dire, qu'elle serait bientôt un monstre, comme moi... qu'elle me détesterait pour ce que j'avais fait, qu'elle ne voudrait plus jamais me voir.

Si seulement elle m'avait vu au moins une fois avant, mais elle était déjà mourante lorsque je l'avais trouvé.

Comment le destin pouvait-il s'en prendre à une âme aussi innocente que celle là ? Comment était-ce possible ?

Son visage était le plus beau et le plus fascinant que je n'avais jamais vu de ma vie, je pouvais rester là à la regarder des heures entières. J'avais envie d'être plus proche d'elle, de la toucher, de lui murmurer des mots apaisants, et c'était une torture que de rester dans ce fauteuil, sans pouvoir faire autre chose que de la regarder. Je n'arrivais toujours pas à mettre un nom sur une telle émotion, je n'arrivais toujours pas à comprendre.

Mais comprendrais-je seulement un jour ?

# Posté le mardi 10 mars 2009 12:57

chapitre 4 - Le réveil d'un autre monde

chapitre 4 - Le réveil d'un autre monde


sincèrement désolée de poster aussi lentement, mais en ce moment j'ai beaucoups de boulot, donc j'espère que ce chapitre ( enfin là oui je sais ) va vous plaire :D
en tout cas comme toujours des coms des coms toujours des coms, ca me motive toujours autant !!!!








Chapitre 4

Le réveil d'un autre monde




Les trois jours qui suivirent furent aussi éprouvants que fascinants pour moi. Bella était en fait plus dynamique dans son sommeil que je ne le pensais, elle s'agitait de temps à autre. Ses sourcils se fronçaient, elle bougeait quelques fois la main, les pieds, la tête. C'était bien sûr, une preuve de plus qu'elle souffrait et qu'elle ressentait bien la brûlure qui consumait son corps, mais c'était aussi le signe qu'elle arrivait bientôt à la fin.

Ses bleus avaient disparus, son visage était déjà plus pâle, plus blanc que pure, et ses traits plus marqués. C'était fascinant de constater l'évolution au fil des heures, c'était bien la première fois que je voyais une telle chose. Et je ne faisais que voir d'avantage la finesse de ses traits, le contour parfait de sa mâchoire, ses paupières closes semblaient dissimuler un regard pleins de tendresse. Je me souvenais que ses yeux étaient marrons chocolats quand elle conduisait apeurée et peu rassurée, je n'étais pas assez près à ce moment là pour tout voir, mais je m'en souvenais. Malheureusement, je ne les verrais plus...

Son père était venu régulièrement la voir, il avait remarqué lui aussi l'évolution de ses blessures, se sentant soulagé et pensant alors qu'elle sortirait dans très peu de temps du coma. Il venait, s'asseyait près d'elle lorsqu'il en avait le temps parce qu'il travaillait beaucoup, prenait sa main, et lui parlait un peu. Il ne lui disait pas grand-chose, et je remarquai qu'il était aussi mal à l'aise que timide. Ces deux là devaient avoir une relation bien particulière.

En général il lui racontait la routine de sa journée, les quelques ragots du voisinage, son état physique et ses blessures qui partaient. Il lui disait qu'il avait hâte de la ramener chez elle, à la maison. Que sans elle, il s'ennuyait, et ses plats étaient infects.
Je l'enviais tellement...

Moi aussi je souhaitais faire comme lui, lui prendre la main, et raconter ma journée... mais je ne pouvais pas. Carlisle m'avait chargé de la surveiller, ce que je faisais, mais je ne faisais que la regarder. Encore et encore...

Charlie remerciait aussi souvent mon père de l'avoir sauvé, et de faire qu'elle continuait à respirer aujourd'hui. Il aimait tellement sa fille que ca se voyait dans ses yeux, et c'était inutile d'entendre ses pensées pour le deviner.

Je rentrais très peu chez moi, d'abord parce que je n'avais pas envie d'entendre les crises de nerfs de Rosalie qui ne cessaient jamais d'augmenter en ma présence, ensuite parce que je savais qu'elle n'était pas la seule furieuse. Même si les autres le cachaient, ils y pensaient, et ils étaient terrifiés. Il y avait une réelle tension à la maison, c'était devenu invivable. Tout le monde allait en cours, sauf moi, je préférais rester au chevet de Bella. Mais tout le monde rentrait le soir en attendant des nouvelles, ou une vision précise d'Alice, attendre le déluge savoir comment cela finirait.

Alice ne voyait toujours rien d'autre qu'une Bella forte. Ca ne m'avançait pas beaucoup de savoir ça.
D'ailleurs, ca n'avançait personne.

Le troisième jour, Carlisle autorisa une dernière fois à Charlie à lui rendre visite, se préparant sur une excuse qui ferait qu'il ne viendrait pas les autres jours suivants, le temps de savoir comment elle s'adapterait. Il ne voulait pas le mettre en danger, personne ne savait comment Bella serait. Bella montra les premiers signes de son réveil le soir à la nuit tombée, vers dix neuf heures. Elle en mit du temps.
Au départ, je crus que je m'y étais mal pris, que j'avais échoué, et qu'elle resterait à jamais comme ça, jusqu'à ce que la mort vienne la chercher. Et puis lorsque son c½ur se mit à battre follement dans sa poitrine au point d'exploser, je me rendis comte que le moment était venu. Carlisle aussi, il était d'ailleurs resté avec moi ce soir là.

Je restai assis sur ma chaise, fixé comme une pierre, mais près à agir. Ses yeux s'agitèrent comme toujours, ses mains et ses jambes aussi, elle semblait résister. Quoi de pire que de résister à quelque chose qu'on ignore ?

Ne pas entendre ses pensées me frustrait toujours autant, et même plus, je ne pouvais savoir dans quel monde elle était, ce qu'elle voyait, ce qu'elle pensait. Son c½ur battait si vite que j'avais vraiment peur qu'elle ne tienne pas le coup, qu'au lieu de se transformer elle ne parte définitivement. Elle n'était pas si forte que ça après tout... sans même la toucher, je sentis sa peau brûler intensément, à croire qu'elle était envahie par les flammes d'un bucher. Elle devait aussi le sentir ça.

Au bout de quelques minutes où la machine qui comptait les battements de son c½ur s'affolait dangereusement au point de la faire dérailler, on n'entendit plus rien, la machine sonna un dernier bip et s'éteignit sur un écran noir et un trait blanc interminable. Ma gorge se resserra, mes poings également. Son c½ur ne battait plus, il ne battrait plus jamais à présent, et son sang si brûlant il y a quelques secondes, se refroidit aussi vite que s'il avait été plongé dans de la glace. Il serait désormais glacé pour un humain comme son père, mais pour moi il sera normal. Sa peau définitivement blanche et froide, affichait désormais une perfection alarmante. Comme si elle venait de prendre cinq ans de plus dans ses traits et ses expressions, alors qu'elle n'avait pas bougé d'un centimètre. Ses cheveux étalés autour d'elle étaient bien plus bruns qu'avant, plus foncés, et même si ses yeux étaient toujours clos, des cernes violettes creusaient leur contour.

Pendant un moment, je me demandai comment cela s'était passé pour moi, si lors de ma convalescence j'avais affiché moi aussi cette beauté grandissante en clin d'½il, si en mourant, et en renaissant j'étais devenu ainsi. Bien entendu, je savais l'effet que je faisais aux gens, ma soit disante beauté hors du commun en faisait rager plus d'un, à tel point que les gens me détestaient déjà rien que pour ça. C'était sans compter mon caractère et ma manière de rester éloigner.

Je jetai un dernier coup d'½il dans la direction de mon père, il semblait toujours aussi calme, autant à l'extérieur, que l'intérieur. Ses pensées n'allaient pas très loin, il se posait les mêmes questions que moi, se demandait comment Bella serait à son réveil, mais ne s'inquiétait pas plus. Il faisait une confiance aveugle aux visions d'Alice, et à son « bon pressentiment ». Moi je préférais me fier à ce que je voyais en l'instant présent.

C'était d'ailleurs peut-être une erreur, mais il était trop tard pour penser à autre chose que ce que je voyais là.
Bella s'agita de plus en plus, comme si elle sortait d'un long et pénible réveil qui avait duré une éternité et non pas à peine trois jours.

« La porte est bien fermée à clé ? » pensa Carlisle sans bouger.

- De toute évidence si elle veut s'en aller, elle n'aura qu'à démonter la poignée, répondis-je.

- Je pensais aux infirmiers, me dit-il, je ne voudrais pas que quelqu'un rentre.

- Ah.

J'acquiesçai en silence. Oui j'avais bien fermé la porte à clé, baissé les stores et tout ce qui pouvait aller avec. Mais au fond de moi, je priais pour qu'à son réveil elle ne cherche pas à s'enfuir sans que je ne lui explique quoi que ce soit. Mais c'était ignorer la vérité et lui tourner le dos facilement. J'étais idiot, évidemment qu'elle s'en irait avec force, un nouveau né à si soif, qu'il n'a ni conscience ni moral.
Et si en se réveillant, elle s'en allait par la fenêtre ou la porte en la traversant sans problèmes, les infirmiers et autres médecins présents auraient donc tout vu, et ce serait une catastrophe pour tout le monde. Car le premier humain à être sur son passage serait déjà mort. Etrangement, une irrésistible envie d'essayer de vider l'hôpital me démangea. Mais quelle explication donnerais-je ?
Une alerte à la bombe ?

Et puis tant pis, Carlisle était là, moi aussi, à nous deux on pouvait la retenir, et si quelque chose de grave devait vraiment arriver, Alice l'aurait vu, et Emmett et Jasper auraient rappliqué sans problème pour faire barrage.

Je l'entendis gémir, je me raidis comme si j'avais entendu la voix du siècle, tendu et aux aguets. Alors que trois cinq minutes exactement s'étaient écoulées depuis que son c½ur s'était arrêté, Carlisle tendit la main vers l'appareil, et l'éteignit. C'était à vous fendre le c½ur, éteindre un appareil comme celui là était le signe de la fin pour la personne allongée à coté.
- C'est le moment. Dit-il calmement.

En effet, et précisément à ce moment là, Bella ouvrit les yeux pour la première fois. J'avais l'impression d'assister à la naissance de Vénus, je ne savais même pas ce que j'éprouvais vraiment, je ne savais pas comment le décrire, mais j'étais complètement abasourdi, dans un autre monde, irréel...

Ses yeux fixaient le plafond, elle ne bougeait pas, n'osait pas bouger, attendit un moment, puis réalisant sûrement où elle était, et ne devant pas se rappeler de la dernière chose qu'elle avait vu ou fait, elle cligna trois fois les yeux, chassant une pensée que j'ignorais, et se redressa aussitôt sur son oreiller, ses bras fins et blancs la soutenant de chaque coté. Si ses pensées m'étaient inaudibles, ses yeux étaient d'une compréhension parfaite, j'avais l'impression de tout y voir, tout y lire. A ma plus grande surprise, et contrairement à ce que je croyais, ses yeux n'étaient rouges, ses pupilles étaient d'un noir puissant et profond avec quelques tâches rougeoyantes mais pas extrêmement visibles. Quant au reste, elle avait n'avait pas totalement perdu le chocolat qu'elle avait, ses prunelles étaient dorée, mais teintées de bruns. J'en fus heureux.
Elle fronça les sourcils, regarda fixement Carlisle, sembla chercher au plus profond de sa mémoire si elle le connaissait, ou si elle devait le connaître, mais n'y parvint pas. Après ses yeux se tournèrent vers moi, avec la même incrédulité dans son regard, toujours à la recherche d'un souvenir ou d'une explication. En croisant pour la première fois ses yeux, j'eus l'impression de m'enflammer comme une pauvre torche. Je sentis mon cerveau autant que mon corps et mon c½ur mort, se réduire en un tas de cendres sans comprendre pourquoi.
Le monde semblait s'être arrêté.
- Vous êtes des anges c'est ça ? Demanda t-elle soudainement, avec la voix le plus belle que j'avais jamais entendu de ma vie.
Elle avait posé cette absurde question le plus simplement du monde, comme si elle demandait l'heure. Nous des anges ? Plutôt des démons, des monstres, le Diable pourquoi pas, mais pas des anges... comment pouvait-elle croire une telle chose ?

Cela dit, je fus incapable de répondre, trop absorbé par la magnificence de ce visage. Carlisle le fit pour moi.

- Non, dit-il intrigué. Pourquoi demandes-tu ça ?

Elle sembla réfléchir à sa propre question, cherchant encore autour d'elle, des éléments qui pourraient lui indiquer le pourquoi du comment.

- Alors, je suis morte non ? Demanda t-elle à nouveau.

Pas tout à fait morte, avais-je envie de dire.
Carlisle et moi échangeâmes le même regard. A première vue, et contrairement à ce que nous nous attendions, elle ne semblait pas assoiffée... elle semblait curieuse.
- Bella ? Finit-il par demander.

Elle porta toute son attention sur lui, toujours intriguée, s'attendant encore peut-être à ce que le ciel lui tombe sur la tête.
- Te souviens-tu de quelque chose ? Questionna Carlisle.

Elle ne répondit pas tout de suite. Elle semblait maintenant choquée par la question, soucieuse. C'était vraiment incroyable de déchiffrer autant d'émotions dans un seul regard. Elle nous regardait comme si c'était nous les fous, les morts ou les anges, les êtres incroyables et inexistants, et non deux « personnes » normales. Après quoi elle haussa les épaules ferma les yeux quelques instants avant de les rouvrir en secouant la tête.

- Pas vraiment, avoua t-elle. Mais... je me sens bizarre... j'ai pas l'impression d'être dans un état normal.

- Tu ne te rappelles pas de la dernière chose que tu as faite ? Insista Carlisle.

- Non.
- De ta vie alors ?

Elle secoua la tête. J'en restai mué de stupeur.

Carlisle soupira avant de me regarder d'un air désolé. Je compris où il voulait en venir avant que ses pensées ne m'atteignent.
« elle ne se souvient pas avoir été humaine, et ne sait sûrement pas qui elle est maintenant. Je pense que c'est à cause du choc de l'accident, en la tuant, elle a perdu la mémoire. »

- Mais vous êtes qui ? Demanda t-elle un peu plus sur la défensive.
Sa voix était comme un fredonnement doux et musical, c'était la première fois que j'entendais sa voix, et je l'adorais déjà. La séparation serait très dure, pourquoi avais-je fait ça ?
- Je suis le docteur Cullen, répondit mon père, tu peux m'appeler Carlisle.

- Et lui ? Fit-elle en me désignant du menton.
Bizarrement, son regard envers moi était étrangement... dédaigneux. Savait-elle ce que j'avais fait ? Se souvenait-elle que j'avais prit sa vie ?

- Edward, murmurai-je en serrant les poings.

Elle me scruta un instant, ses yeux cachaient quelque chose, une pensée qui m'échappa puis elle ramena les mains devant elle avant d'observer les diverses machines qui l'entouraient. Elle semblait les remarquer pour la première fois.
- Pourquoi suis-je à l'hôpital ? Demanda t-elle dans un murmure. Qu'est-ce qui m'est arrivé ?
- Et bien... tu as... eut un accident. De voiture.
Elle releva des yeux surpris, avant de contempler longuement ses bras. Elle leva ses mains blanches à sa hauteur, constata avec perspicacité qu'elle n'avait aucune blessure.
- Mais je n'ai rien, fit-elle.

Carlisle se tourna vers moi. Ca y est, c'était le moment.
« Il faut que tu lui dises la vérité. »

Je secouai la tête négativement, assez peu pour qu'elle ne remarque pas, mais de toute façon elle était trop absorbée par ses mains et ses bras que par nous.

Mais je me sentais éc½uré de moi-même, c'était comme de dire à quelqu'un dans quel monde il vit, ou expliquer à un aveugle qui vient de recouvrer la vue. C'était trop dur, et je ne savais pas comment elle le prendrait. Je ne voulais pas lui dire, je ne pouvais pas, c'était au dessus de mes forces.

« Edward » insista mon père en plongeant ses yeux dans les miens. « Ne lui cache pas... pense à son père, il va l'attendre, il faut trouver une solution »

Au final, il se dirigea vers Bella, elle ne lui prêta aucune attention, tournant sa main de-ci de là à la lumière à croire qu'elle ne s'était jamais vue de sa vie. En fait elle devait voir avec ses nouveaux yeux, se demandant pourquoi elle pouvait observer avec une telle précision.
- Bella je vais te laisser avec Edward, dit-il, il va t'expliquer ce qui s'est passé.
Lorsque Carlisle partit, elle releva enfin la tête, le suivit du regard, et lorsque la porte fut fermée, elle se tourna vers moi. Incrédule, comme toujours.
Je pris une profonde inspiration, je ne sentais plus vraiment l'odeur de son sang comme avant, je sentais quelque chose de plus doux, qui ne m'agressait pas la gorge, mais qui sentait merveilleusement bon. Craignant de m'approcher trop près d'elle, je m'installai en face, contre le mur.

- Tu ne te souviens vraiment pas de ta vie avant ça ? Soufflai-je.
Pourquoi fallait-il que je n'entende pas ses pensées ?

- Vaguement, avoua t-elle. Je sais mon nom, mais le reste ne me revient pas.
- Et ton père ?

- Mon père ?

- Charlie... révélai-je.

Mince, j'avais peut-être commis une terrible erreur en la transformant... non, ne pas y penser.
- Un peu, dit-elle en fronçant les sourcils.
Il y eut un silence pesant. Elle réfléchissait encore une fois à quelque chose qui m'échappait.
- J'ai l'impression de te connaître, murmura t-elle soupçonneuse.
Se souvenait-elle vraiment de moi ? Était-ce possible ?

- Non, mentis-je à contre c½ur, nous nous sommes jamais vu.
- Ah.
- Puis-je te demander quelque chose ?

Il fallait que je sache tout d'elle, et surtout de son état. Mais la question n'était pas évidente, comment lui demander si oui ou non elle avait soif de sang sans l'inquiéter ?

- Oui.

- Comment... comment te sens-tu là maintenant ?

Elle baissa la tête, ne saisissant pas totalement maquestion. Ce devait être dur pour elle de savoir, elle ne se rappelait déjà de rien.

- Etrange, avoua t-elle sans relever la tête. Je ne sais pas, je n'ai pas l'impression d'être dans mon corps, j'ai le sentiment que quelque chose à changé. Ce doit être à cause de cet accident.
« non tu es devenue un vampire, un monstre comme moi. » mes pensées étaient bien sombres, il fallait que je me calme. Tout de suite.

- As-tu soif de quelque chose ? Risquai-je à demander.

Ses yeux me cherchèrent, curieux. C'était logique, elle devait être curieuse, ma question elle-même était curieuse. Je devais donner l'air d'un psychopathe névrosé avec mes interrogations.
- Je n'ai pas faim, répondit-elle simplement. Ni soif, là je n'ai besoin de rien.
Voilà qui me flanqua une sacrée gifle. Pas soif ? C'était un nouveau né dans les règles de l'art et elle n'avait besoin de « rien » ? J'en toucherais deux mots à Carlisle... il devait bien avoir une explication rationnelle à ce propos, et Alice, n'avait-elle rien vu à ce sujet ?
- Est-ce que c'est grave si je ne me rappelle de rien ? Me demanda t-elle alors.
Bonne question...

Grave ? Non, douloureux ? Oui.

Je n'étais même capable de lui révéler la vérité, c'était trop tôt... comment lui annoncer ?

- Bella... murmurai-je et lui dire son prénom me provoqua un étrange sentiment, s'il te plaît, préviens-moi, si tu sens tu que tu as... soif ou faim.

- D'accord. C'est important ?

- Assez oui... depuis l'accident tu as... tu es, fragile en quelque sorte (quel menteur j'étais) il faut que tu fasses attention à ce que tu avales.

- Ok, fit-elle en haussant les épaules. Pourquoi je n'ai pas de blessures ?

Encore une bonne question. Moi j'avais la réponse, mais comment lui dire ?
- Les soins intensifs t'ont beaucoup aidé, lui dis-je.

- Et je vais rester ici longtemps ?

- Je ne sais pas. Il faut que Carlisle te fasse quelques tests... vérifier que tout va bien maintenant que tu es réveillée.
Sortir de tels mensonges m'éc½urait au point que j'avais envie de m'arracher la tête. J'étais impitoyablement nul. Elle ne méritait pas quelqu'un comme moi à ses cotés, je ne méritais pas de lui parler, encore moins de lui mentir, sur sa vie. Elle me détesterait, d'ailleurs, elle devait déjà me détester.
- Il faut que je parte, lançai-je en me dirigeant vers la porte.
Je devais partir, je ne devais pas rester une minute de plus auprès d'elle, je lui faisais du mal sans qu'elle ne le sache.
- Non ! Gémit-elle.
Je m'arrêtai la main sur la poignée, surpris. Avait-elle bien crié « non » ?
- S'il te plaît, je... je ne me rappelle de rien, je ne peux pas rester seule. Reste.

Elle me suppliait de rester auprès d'elle, parce qu'elle ME faisait confiance... non, c'était inhumain, j'étais inhumain ! J'avais commis trop d'erreurs...

- Je ne peux pas... murmurai-je avec douleur.
J'allais pour ouvrir la porte mais ce que j'entendis me fendit le c½ur au point que toutes mes intentions volèrent en éclat par terre, détruites, brisées. Je n'étais plus apte à écouter mes propres conseils.
- Edward...

Alors vaincu, je me retournai, et allai m'asseoir dans le canapé à coté de son lit. Un sourire chaleureux comme je n'en avais jamais vu éclaira son visage pour la première fois depuis sa mort. C'était la plus belle image qu'il m'était donner de voir, un sourire d'elle, pour moi.

J'ignorais ce qui se passait, ou comment cela finirait, mais il m'était impossible, et je le savais, j'étais sûr à deux cent pour cent, que désormais, je ne pourrais jamais la quitter.

# Posté le dimanche 15 mars 2009 11:04